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Architecture

Quand avez-vous vraiment besoin d’un CTO ?

Signaux concrets qu’il vous faut un CTO, ce que vous devez obtenir comme résultats, et quand un CTO fractionné est le bon choix.

Illicus Team · · 12 min de lecture · Mis à jour 22 décembre 2025

Les fondateurs ressentent souvent “il nous faut un CTO” bien avant de pouvoir expliquer pourquoi. C’est normal : la douleur se manifeste par des dates qui glissent, des incidents, des débats techniques sans fin, et un recrutement inégal. Cet article transforme cette intuition en signaux actionnables, clarifie la différence entre CTO full-time et CTO fractionné, et propose un plan 30/60/90 jours pour démarrer correctement.

Ce qu’un CTO “possède” réellement (au quotidien)

Le titre varie, mais les résultats attendus sont stables. Un CTO (ou un Head of Engineering qui fait office de CTO) est responsable de :

  • La stratégie technique : priorités, séquencement, et décisions structurantes
  • L’architecture & la delivery : arbitrages qui réduisent la dette et accélèrent la mise en prod
  • L’organisation & les personnes : plan de recrutement, standards, coaching, attentes, performance
  • Le système d’exploitation de l’équipe : cadence, gestion des incidents, hygiène des décisions
  • La gestion du risque : fiabilité, sécurité, conformité, et risque fournisseur — en résultats, pas en tickets

Si ces sujets sont gérés “quand on a le temps”, le coût finit toujours par apparaître.

Signaux fréquents : vous avez besoin d’un CTO (ou équivalent)

1) Les décisions d’architecture bloquent la delivery

Vous entendez : “on ne peut pas livrer tant qu’on n’a pas décidé X” ou “on refactorera plus tard”. Parfois c’est vrai — mais sans décideur clair, l’équipe accumule des compromis qui deviennent des pièges à échéances.

Symptômes courants :

  • Le travail produit se transforme en “travail plateforme” à répétition
  • Les réécritures reviennent trop souvent, sans trajectoire pragmatique
  • Désaccords récurrents sur les fondamentaux (données, frontières de services, déploiement)

2) La fiabilité impacte les clients (et personne n’est responsable des résultats)

Si les incidents se multiplient ou si le retour à la normale est lent, ce n’est pas qu’un problème d’outils : c’est un problème de responsabilité (ownership) et de pratiques opératoires.

Signaux :

  • Pas de SLO, alerting bruyant, personne n’assume les métriques
  • Postmortems rares ou inutiles (“il faut faire plus attention”)
  • Déploiements stressants, rollback manuel ou peu fiable

Dans ce cas, un audit d’infrastructure est souvent le point de départ le plus efficace.

3) Recrutement et standards incohérents

Au début, quelques profils seniors peuvent porter le système. Mais en grandissant, l’absence de standards explicites crée du churn, de la variabilité, et des ralentissements.

Signaux :

  • Chaque nouvel engineer “fait à sa manière”
  • La culture de revue (PR) est inégale, les mêmes débats reviennent
  • Difficile d’expliquer le niveau attendu au-delà de “bon profil”

4) Sécurité et conformité : “c’est l’affaire de tout le monde”

La sécurité est une discipline. Si c’est l’affaire de tout le monde, c’est souvent celle de personne.

Signaux :

  • Accès ad-hoc (comptes partagés, clés longue durée, offboarding fragile)
  • Pas de collecte d’évidences (SOC 2 / ISO 27001 / exigences clients)
  • Revues fournisseurs trop tardives (après signature)

Si vous vendez à l’entreprise, un plan de préparation conformité évite beaucoup de rework.

5) La roadmap glisse pour des raisons “non-produit”

Quand l’exécution ralentit, c’est rarement “les devs sont lents”. Le plus souvent :

  • Dépendances non visibles assez tôt
  • Arbitrages inexistants (scope, risque, performance, sécurité)
  • L’architecture s’oppose au produit

6) Les fondateurs ne peuvent plus (ou ne doivent plus) être l’arbitre technique

Un fondateur peut porter le leadership technique un temps. Mais à un certain stade, sa valeur est ailleurs :

  • Go-to-market et ventes
  • Fundraising et positionnement
  • Recrutement de leaders clés

Quand chaque décision structurante exige du temps fondateur, l’entreprise ralentit.

Signaux inverses : vous n’avez peut-être pas besoin d’un CTO tout de suite

Recruter trop tôt peut coûter cher et vous orienter dans la mauvaise direction. Vous n’avez peut-être pas besoin d’un CTO si :

  • Vous êtes 1–3 engineers et le produit cherche encore son PMF
  • Le travail est surtout de l’exécution standard (intégrations classiques, CRUD)
  • Le goulot est le go-to-market, pas la delivery ou la stabilité
  • Vous avez surtout besoin d’un senior engineer très productif

Dans cette phase, un tech lead expérimenté peut être le bon choix — avec du support ponctuel.

CTO full-time vs CTO fractionné vs advisor

Un CTO full-time est souvent pertinent quand…

  • Le leadership technique est une fonction quotidienne et permanente
  • Vous scalez plusieurs équipes et devez structurer l’organisation
  • Vous avez besoin d’un partenaire exécutif sur le long terme

Un CTO fractionné est souvent pertinent quand…

  • Vous avez besoin de direction senior rapidement, mais sur un périmètre borné
  • L’équipe doit s’aligner (cadence, standards, arbitrages)
  • Vous visez un jalon : migration, fiabilité, durcissement sécurité, conformité, plan de recrutement

Le modèle fractionné marche quand les objectifs sont clairs, mesurables, et qu’une personne interne est habilitée à exécuter.

Un advisor convient quand…

  • Vous avez besoin d’un point de vue, mais pas d’exécution
  • Vous avez déjà un leadership interne capable d’implémenter

Pour explorer une mission structurée : CTO fractionné.

Plan 30/60/90 jours (à quoi ressemble un bon démarrage)

0–30 jours : état des lieux et alignement

  • Relier objectifs produit, contraintes techniques, et risques
  • Mettre en place une cadence (planning, revues, incidents)
  • Identifier les 3 principaux goulots (delivery, fiabilité, recrutement, sécurité)
  • Produire un plan priorisé avec responsables et échéances

31–60 jours : stabiliser et standardiser

  • Définir des garde-fous d’architecture et “comment on shippe”
  • Sécuriser le chemin vers la prod (rollback, environnements, accès)
  • Construire un plan de recrutement et un process d’entretien
  • Démarrer la collecte d’évidences si la conformité approche

61–90 jours : accélérer avec confiance

  • Livrer avec moins de surprises et moins de retours en arrière
  • Réduire la fréquence d’incidents ou le MTTR
  • Clarifier les zones de responsabilité (plateforme, produit, sécurité, data)
  • Préparer le plan du trimestre suivant avec métriques

L’objectif : de la vitesse avec de la confiance

Le CTO n’est pas là pour “ajouter du process”. Il construit un système où :

  • l’équipe shippe plus vite avec moins de régressions,
  • l’architecture supporte la roadmap,
  • le risque est géré intentionnellement (fiabilité, sécurité, conformité).

Si vous voulez challenger votre besoin de leadership technique, ou obtenir un push senior rapide pour stabiliser et scaler, commencez ici : CTO fractionné.

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